Rapport national volontaire 2022, Nations Unies, juin 2022

Rapport national volontaire 2022, Nations Unies, juin 2022

Auteur: Ministère Du Plan Et Du Développement

Site de publication: Nations Unies
Type de publication: Rapport
Date de publication: Juin 2022

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Objectif 4 : Assurer l’accès à tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie

Le Taux d’achèvement du primaire connait une tendance évolutive notable de 3,18 points, passant de 80,52% en 2019 à 83,70 % en 2021 (Graphique 6). L’amélioration du taux d’achèvement demeure cependant lente d’une année scolaire à une autre avec des bonds qualitatifs de 1,73 points en 2019-2020 et 1,8 points en 2020-2021.

Ces acquis tirent leur source en partie de l’existence des cantines scolaires qui participent au maintien des élèves à l’école mais restent insuffisantes et inégalement réparties sur toute l’étendue du territoire national. L’absence des cantines scolaires est plus observée en milieu communautaire où la quasi-totalité des écoles en sont dépourvues. En 2021, dans certaines régions du pays, une proportion importante d’établissements disposait de cantines scolaires non fonctionnelles. Il s’agit notamment du Gbékè (75%) et le Béré (64%).

Par ailleurs, une insuffisance des compétences en lecture (40,5%) et en mathématiques (17,2%) est constatée chez les enfants terminant le primaire du fait de la non-maitrise de l’alphabet. Aussi, les résultats du PASEC indiquent que 28,3% des élèves en début de scolarité ne lisent correctement en moyenne aucun mot en une minute.

De plus, la non-scolarisation de 2,13% des enfants en âge d’être scolarisés due à l’insuffisante de capacité d’accueil des structures éducatives et le démarrage tardif des cours surtout en zone rurale, renforcent la problématique de l’alphabétisation et des apprentissages.

Le Taux brut de scolarisation au primaire, quasi stable en 2018-2019 et 2019-2020 autour de 100%, a connu une régression de l’ordre de 2,48 points en 2020-2021 (98,02%) pour ensuite remonter à environ 100% en 2021-2022. La crise sanitaire du Covid-19 dont le premier cas, bien qu’ayant été rapporté en mars 2020 et son corollaire de fermeture des écoles pendant deux mois durant et sa réouverture juste pour les examens de fin d’année justifierait cette baisse constatée en 2021.

Cependant, il est noté plusieurs obstacles à la scolarisation des filles : l’absence de structure d’hébergement pour les élèves, le refus de l’accueil des élèves en provenance des villages par les ménages citadins, la responsabilisation prématurée de jeunes-adolescentes obligées de jouer le double rôle d’élève et de parent, le faible nombre d’établissements publics secondaires de proximité dans les zones rurales. Cette situation pousse les enfants à aller en ville dans la mesure où plus de 85% des établissements secondaires sont en zone urbaine.

De plus, la non-scolarisation de 2,13% des enfants en âge d’être scolarisés due à l’insuffisante de capacité d’accueil des structures éducatives et le démarrage tardif des cours surtout en zone rurale, renforcent la problématique de l’alphabétisation et des apprentissages

Le Taux brut de scolarisation au premier cycle du secondaire a connu une croissance, passant de 70,5% en 2019 à 75,8% en 2021 (Graphique 8). Les efforts conjugués de la sensibilisation des parents sur la scolarisation de la jeune fille et du développement d’un programme de construction de nouveaux collèges fondent les progrès constatés. Par ailleurs, une baisse du taux de scolarisation (68,9%) est constatée en 2022. Cette baisse pourrait s’expliquer par la démotivation des parents faute d’insertion professionnelle des diplômés et l’absence de modèle de réussite pour ces générations d’élèves. De même, la fréquence des grossesses en milieu scolaire, les mariages précoces, l’impossibilité souvent pour la jeune fille de ne pouvoir reprendre le cursus scolaire après un échec, l’insuffisance des ressources financières du ménage et les violences de genre en milieu scolaire renforcent la problématique de la scolarisation de la jeune fille.

Malgré la priorité accordée au secteur éducatif et les progrès enregistrés dans l’alphabétisation, l’accès à l’éducation reste une question majeure. Les indicateurs situent à 63,8% le taux d’alphabétisme chez les hommes tandis qu’il se limite à 47,2% chez les femmes dans la population générale6. Dans le secteur agricole, pilier de l’économie ivoirienne, ce taux relativement élevé l’est davantage au détriment des femmes ; toute chose qui constitue un handicap certain pour la modernisation du secteur agricole et de la quasi-totalité des autres secteurs au regard du rôle prépondérant de la femme dans la vie socioéconomique des communautés.

L’implication de la société civile, à travers des interventions in situ basées sur l’usage des TIC dans les activités courantes des femmes, rehausse les compétences techniques de ces actrices du développement et contribue à améliorer le niveau d’alphabétisation.

Malgré la priorité accordée au secteur éducatif et les progrès enregistrés dans l’alphabétisation, l’accès à l’éducation reste une question majeure

A titre illustratif, lauréate du prix international d’alphabétisation Confucius, l’ONG GA-TIC, à travers un programme d’alphabétisation par les technologies de l’information et de la communication (TIC), a permis de former dans les marchés 1 500 femmes. Ce programme a été mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat avec l’UNESCO et Nestlé dans l’objectif est de rendre davantage les femmes autonomes dans la gestion de leurs activités.

Le contexte national s’enrichit, par ailleurs, de l’existence d’acteurs confessionnels tels que la structure islamique d’éducation (SIE). Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale d’intégration des enfants des structures islamiques d’éducation dans le système éducatif officiel, 101 890 enfants ont été intégrés

Impact de la COVID-19 sur le secteur de l’Education

Les fermetures d’école et l’apprentissage à distance ont affecté de manière disproportionnée les élèves filles et les étudiantes. Plusieurs filles, de l’école primaire et à la fin du cycle secondaire, ont dû abandonner l’école ou n’ont pu avoir accès à l’enseignement en raison des répercussions socioéconomiques de la pandémie, y compris de la nécessité de générer des revenus et de l’augmentation des responsabilités ménagères et des soins aux enfants.

En effet, la baisse des revenus de 30% en moyenne qui a plongé plus de 1 620 777 ménages supplémentaires dans la pauvreté a été préjudiciable à l’éducation en général et à celle des filles en particulier qui sont discriminées au profit des garçons. Par ailleurs, la fille de 10 ans consacre 4,64 heures par semaine aux activités domestiques et de soins non rémunérés tandis que les garçons du même âge n’en consacrent que 2,11 heures par semaine. La fille de 18 ans en consacre 9,69 heures contre 3,21 heures pour le jeune garçon du même âge (Konan et al., 2021).

La pandémie a également compromis l’éducation des enfants et des adolescents handicapés et issus des familles les plus pauvres, dont l’accès à des services supplémentaires de nutrition, de santé et de bien-être dépend du système scolaire

La COVID-19 a aussi renforcé l’usage du numérique dans les systèmes éducatifs surtout au niveau du supérieur. Si l’usage du numérique à des fins éducatives est une opportunité, elle a aggravé les problèmes d’apprentissage auxquels font face les groupes marginalisés et vulnérables et élargi le fossé numérique entre couches sociales et entre milieu (urbain/rural).

La pandémie a également compromis l’éducation des enfants et des adolescents handicapés et issus des familles les plus pauvres, dont l’accès à des services supplémentaires de nutrition, de santé et de bien-être dépend du système scolaire. Pendant la pandémie, de nombreux enfants et adolescents handicapés ont eu un accès limité ou inexistant à la réadaptation, à la physiothérapie et aux autres services essentiels à l’appui de leur apprentissage. Les normes d’accessibilité encore limitées des plateformes et du contenu numériques posent également des difficultés aux enfants et aux jeunes handicapés en ce qui concerne l’apprentissage à distance. De même, les efforts entrepris en faveur de l’apprentissage des enfants malentendants se sont vus limités du fait du revers financier.

Les taux d’achèvement au primaire et au secondaire indépendamment des sexes sont tous en hausse de 2019 à 2020. La COVID-19 n’a donc pas entrainé une baisse des taux d’achèvement. Cependant, les rythmes d’accroissement des taux d’achèvement de l’année 2020 sont plus faibles que ceux observés à l’année 2019 à l’exception des taux d’achèvement du 2ème cycle du secondaire pour les femmes et du premier cycle du secondaire pour les hommes. Ainsi, la COVID-19 si elle n’a pu entrainer une dégradation des résultats scolaires à cause des mesures de mitigation mises en œuvre par le Gouvernement dans le secteur Education-Formation au niveau du primaire et du secondaire, a néanmoins contribué à engendrer un ralentissement des taux d’achèvement scolaire.

 

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